Coup de projecteur sur le Haut-Fourneau U4 d’Uckange

Publié le par C.R

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Jusqu’au mois de novembre, Uckange accueille en son parc d’expositions de l’U4 de nombreux artistes. Dans un souci de mêler manifestations culturelles et travail de mémoire sur le site, l’initiative de Mecilor ne manque pas de bonnes idées. Inspection des lieux.


  Un pôle industriel peut se transformer en terrain de jeu ludique, accueillant des manifestations et expositions culturelles de tous types. Un travail commun auquel souhaite vaillamment participer la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch. La fermeture du Haut-Fourneau U4 date de 1991. Près d’une vingtaine d’années plus tard, la sidérurgie en Lorraine ne remonte guère la pente. Les suppressions d’emplois et fermetures d’usines sur les sites de Florange et Gandrange n’encouragent que le pessimisme. La mauvaise situation de ces pôles industriels affecte toute la Vallée de la Fensch. Une région malade, dont Arcelor-Mittal demeure le principal employeur. Pour l’instant. Sans parler des nombreuses entreprises sous-traitantes qui voient et verront d’une manière accrue leurs activités ralentir. La mutation originale du site uckangeois permet de relativiser la  morosité du pôle sidérurgique lorrain. Un message pour signaler que la partie Nord de la Moselle ne se laissera pas abattre aussi facilement.

 

« Il y a d’abord tout un devoir de mémoire que nous devons respecter » déclare Eva Ponty, chargée de communication pour la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch.  « Il faut s’attacher à montrer la réalité du terrain à cette époque. » Dès la fermeture du lieu d’activité en 1991, les anciens employés s’affairent à un même objectif : faire vivre l’usine autrement. MECILOR (Mémoire et Culture Industrielle Lorraine) conçoit depuis 2007 des expositions sur l’aspect technique, culturel, politique et humain de la sidérurgie et de ceux qui y ont travaillé. « L’usine n’était pas seulement un lieu de travail » affirme Eva Ponty. « Il s’agissait avant tout d’un lieu de solidarité, d’intégration, marqué d’une réelle socialisation entre les individus. » Des valeurs qui, aujourd’hui, semblent s’effacer dans le monde du travail, mais qui dans un contexte différent offraient une ambiance de travail saine.


Mecilor s’efforce ainsi de proposer au public des visites guidées par d’anciens salariés. Mais l’originalité demeure dans la collaboration réalisée avec différents acteurs culturels. A commencer par Claude Lévêque. Cet artiste de renommée internationale apporte sa pierre à l’édifice puisqu’il s'emploie activement depuis l’automne 2007 à faire vivre l’usine d’une manière différente . Son projet, baptisé « Tous les soleils » met en avant la beauté du site, en l’éclairant de mille feux dès la tombée de la nuit. Des visites nocturnes sont d’ailleurs proposées au public les vendredi et samedi soir. « Sa notoriété est une vraie valeur ajoutée pour le développement du Haut-Fourneau d’Uckange » affirme Marieke Doremus, chargée de mission pour le parc. « Il attire la presse nationale, et cela permet à Uckange et à la Vallée de la Fensch de sortir quelque peu de l’inconnu. »


Outre l'activité de Claude Lévêque, de nombreux spectacles de tous genres seront présentés au public. Par exemple jusqu’au 10 mai 2009, l’exposition photographique « Regards sur les arts de la rue » de Joël Verhoustraeten met en avant les spectacles urbains. D’autres manifestations sont attendues durant toute la saison, conviant tous les publics. De la fête de la musique le 19 juin au départ du tour de Lorraine Cycliste junior le 14 juin, en passant par des conférences ou rencontres littéraires, le site de l’U4 se place en acteur hétéroclite. « La culture se met au service de l’usine » confirme Marieke Doremus. Y résonne l’envie de toucher le maximum de public. « Nous avons depuis l’ouverture de la saison un public mixte. Certains sont là pour le patrimoine, d’autres pour les manifestations culturelles. Ce mélange de publics demeure un atout considérable» conclut-elle. L’initiative sonne juste et apporte enfin un brin de fraîcheur dans le climat social tendu dans la sidérurgie lorraine actuelle.
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Article publié sur La Plume Culturelle, le 5 mai 2009

Publié dans Articles Parus

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