Le baptême de « l’Autre Canal » bientôt officialisé ?

Publié le par C.R

bandeau culture-copie-1Un accord verbal a été conclu entre la chaîne de télévision   privée « CanalPlus » et de la salle de spectacle nancéenne « l’Autre Canal », concernant la dénomination de la structure culturelle. Cette dernière devrait obtenir gain de cause. « L’Autre Canal » gardera son nom initial, seul le site internet devra s’habiller de quelques modifications. Histoire d’un imbroglio...

 

 C’est en février 2007 que tout a commencé. Nancy se dote d’une structure culturelle afin d’accueillir au mieux les manifestations musicales. Il lui faut bien trouver un nom. A quelques mètres, le canal de la Meurthe. Clin d’œil à la géographie locale, voilà le nom tout trouvé pour baptiser L’Autre Canal. Deux mois de vérifications plus tard, l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) refuse la dénomination. « Il nous était impossible à l’époque de nous rebaptiser, » avoue Isabelle Chaigne, directrice de l'établissement public. « Vous imaginez ! Faire une solide communication de lancement et ensuite revenir auprès des gens pour leur annoncer que le nom n'est plus le même ? » renchérit-elle. Mais qui pouvait donc bien en vouloir à ce point à une petite infrastructure à peine créée ? Il s’agissait ni plus ni mo ins de la chaîne de télévision privée Canal Plus, qui y voyait une menace pour son image nationale. Un amalgame très poussé, à la limite du burlesque, que seul un reportage grolandais pouvait proposer. L’Autre Canal fait alors appel. S'ensuivent deux ans de discussions entre avocats, qui débouchent sur une procédure judiciaire en mars 2009. Les deux parties ont depuis décidé de clore le dossier, préférant joindre l’utile au raisonnable.


Mais quels arguments pouvait donc avancer le groupe de Bertand Méheut pour assurer sa défense ? Tout d’abord il possède , au niveau de la loi, des parapluies afin de se couvrir si une organisation souhaite utiliser le terme « canal » dans son appellation. Canal Plus met en avant dans son argumentation les services que propose l’Autre Canal, à savoir la production de vidéos. L’INPI ne fait pas la distinction entre des productions de vidéos à très gros budgets, et l’aide à des groupes locaux pour diffuser des vidéos sur leur Myspace, par exemple. Pourtant, il y a une énorme différence,» signale Isabelle Chaigne. Enfin, la chaîne s'appuie sur des études qui démontreraient que la population identifierait le terme « canal » à celui de Canal Plus. « J’étais assez confiante, mais d’un point de vue strictement juridique, Canal Plus aurait très bien pu gagner, » reconnaît-elle.


C’est donc avec davantage de pondération et, finalement, de bon sens, que le « grand » Canal Plus a décidé d’accepter la dénomination du « petit » Autre Canal. « Nous n’allons pas changer de nom, seul le site internet devrait être modifié en L’Autre Canal Nancy Lorraine, ce qui permettra, en plus, de nous localiser au niveau régional », signale la directrice de la salle de spectacle, Isabelle Chaigne. Pourtant, qu’avait réellement à gagner la chaîne cryptée en lançant cette procédure? Le groupe qui souhaitait défendre son image par le biais de ce procès a au final perdu toute crédibilité aux yeux des téléspectateurs qui le voyaient comme l’un des rares médias encore décalés. Cette situation fut pain béni pour la presse, qui n’y est pas allée de main morte pour attaquer la multinationale, et par la même occasion défendre l’Autre Canal. « Ce genre d’affaires montre que les gens s’intéressent à la défense de leur patrimoine propre », conclut Isabelle Chaigne. « J’ai reçu des soutiens de gens qui ne viennent pourtant jamais ici, mais qui défendent les « petits » par rapport aux « grands ». Cela aura eu le mérite de faire de la publicité pour la structure nancéenne, » signale-t-elle encore. Dans le même temps, Canal Plus ne sort en aucun cas grandi de cette affaire. Mais attention, rien n'est encore signé entre les deux parties. Dossier à suivre !...
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Article paru sur la Plume Culturelle, le 18 avril 2009

Publié dans Articles Parus

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