Martin Solveig : « Ma musique, un esprit de joie, de futilité et de légèreté »

Publié le par C.R

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En exclusivité pour La Plume Culturelle, Martin Solveig répond en toute simplicité à nos questions, à quelques jours de son passage en Lorraine au site de Madine (55) dans le cadre de l'édition 2009 du Festival Musiques Lycéennes. Ambiance électrique assurée.


La Plume Culturelle : Comment avez-vous débuté dans le monde de la musique électronique ?

Martin Solveig :
C’est une longue histoire… J’ai toujours eu de l’intérêt pour la musique, j’ai fait de la musique classique étant enfant. A l’âge de 13 ans j’ai demandé à mes parents de m’acheter des platines pour pouvoir  commencer à mixer du hip hop et des musiques électroniques, j’ai très vite découvert la house et l’électro, c’est devenu une vraie passion pour moi à travers notamment le travail de tous les artistes new-yorkais du début des années 90. De là j’ai fait à peu près tout ce qui était possible pour faire partie de ce monde : j’ai été vendeur dans un magasin de disques, chroniqueur sur Radio FG qui à l’époque était encore quasiment une radio associative, et j’ai mixé de plus en plus dans des fêtes puis dans des petits clubs, puis dans des plus grands et enfin j’ai eu la chance de pouvoir démarrer les week-end au Palace pendant mes études.


LPC : Vous n’hésitez pas à vous mettre en avant dans vos clips, alors que les DJs ont plutôt tendance à peu se montrer. Expliquez-nous ce décalage ?

MS : J’aime le principe d’être à contre-courant, surtout dans l’image. J’aime faire des choses inattendues, comme mettre en scène quelqu’un qui a un physique banal et le transformer en une sorte de pseudo anti-héros : cela rejoint l’esprit que j’essaie de mettre dans ma musique, c'est-à-dire un esprit de joie, de futilité et de légèreté.


LPC : Les comparaisons avec Bob Sinclar et David Guetta fusent depuis votre premier album. Vous êtes flatté ou agacé ?

MS :
La comparaison avec Bob Sinclar et David Guetta est naturelle car nous avons émergé au même moment, avec un profil qui existait peu avant : il a fallu regrouper, simplifier les choses afin de pouvoir communiquer sur un phénomène. Les médias aiment les étiquettes, les clichés, il y a donc un côté pratique qui ne me pose d’ailleurs aucun problème. Ce sont des personnes que je connais très bien et pour qui j’ai beaucoup de respect. Depuis environ deux ans nous suivons des parcours différents, ce qui ne nous empêche pas de continuer à communiquer et de nous apprécier.


LPC : Comment expliquez-vous votre succès depuis vos débuts ?

MS :
C’est toujours plus facile d’expliquer l’échec que le succès : il y a évidemment une énorme partie du succès dont les raisons m’échappent. Je sais juste que j’ai beaucoup travaillé, je fais plus partie de la catégorie des bosseurs que de celle des surdoués. Je fais également les choses avec sincérité.


LPC : Dans votre troisième album, « C’est la vie », vous vous inspirez beaucoup des albums de The Strokes. Qu’apporte cette influence rock à votre création ?

MS : Je me permets de rectifier : je ne me suis pas inspiré des Strokes, en tout cas je ne le pense pas. J’écoutais énormément leur musique au moment de la réalisation de l’album « C’est la Vie » mais je ne pense pas m’être inspiré directement de leur travail. En revanche il est vrai que je me suis peut-être inspiré de l’esprit qui se dégage de leur musique c'est-à-dire quelque chose de très simple, très direct, instinctif. C’est le genre de choses que j’ai cherché dans « C’est la Vie ». Il est vrai aussi qu’il y a dans cet album une influence un peu plus rock que dans les précédents.


LPC : Avez-vous rencontré des difficultés dans la réalisation de cet opus ?

MS : Je suis resté bloqué et improductif pendant quasiment 9 mois, puis en 2 jours j’ai fait le titre « C’est la Vie » qui est devenu éponyme justement parce qu’il a été une sorte de déclic. Je cherchais une direction, je voulais essayer de définir une couleur et amener des choses nouvelles. J’ai beaucoup trop intellectualisé pendant toute cette période de gestation mais à partir du moment où j’ai réalisé « C’est la Vie », je me suis dit que ce serait la pierre fondatrice autour de laquelle je construirais le reste de l’album.


LPC : A 31 ans, vous semblez avoir acquis une certaine maturité que l’on retrouve dans le dernier album. Mais l’image du « jeune » Martin Solveig ne vous collerait-elle pas encore un peu à la peau ?

MS :
C’est vrai qu’on a inventé un personnage de Martin Solveig public qui est par essence assez espiègle et enfantin ce qui sera évidemment plus difficile à défendre quand j’aurai 40 ans. Mais j’avoue que tant que ça colle comme ça, ça m’arrange !


LPC : Promu Chevalier des Arts et des Lettres en septembre 2008, vous remportez également une première Victoire de la Musique la même année. Recherchez-vous cette reconnaissance au plus haut niveau?

MS :
Je mentirai si je disais que je n’y ai pas été sensible, surtout à la Victoire de la Musique. A un moment donné d’un parcours nous avons tous besoin d’un signal d’encouragement de la part des autres personnes du métier, signifiant que ce que tu fais peut avoir un sens ou un petit peu d’intérêt. Pour le reste c’est déjà derrière moi et j’essaie plutôt de regarder devant.


LPC : Vous participerez en « Guest Star » à l’édition 2009 du Festival Musique Lycéennes le 7 mai prochain. Que pensez-vous de ces manifestations qui donnent aux jeunes un premier véritable accès à la scène ?

MS :
D’abord je suis très content de participer à ce festival et je suis d’une manière plus générale vraiment ravi de participer aux manifestations qui permettent aux jeunes de s’exprimer par la musique, voire de faire éclater leur talent. Je remarque que c’est une vocation qui reste extrêmement forte et que les plus jeunes musiciens arrivent aujourd’hui armés : ils ont assimilé très rapidement un certain nombre de choses sur la musique et sont donc très vite en position d’être de vrais acteurs musicaux ce qui est assez fascinant pour moi qui suis un autodidacte et qui ai pas mal tâtonné. Je regarde  avec beaucoup d’intérêt et d’envie la nouvelle génération pour qui la musique, l’image, la technique, les ordinateurs sont des choses complètement naturelles.


LPC : La musique électronique paraît avoir encore un bel avenir devant elle. Martin Solveig, dans dix ans, sera-t-il toujours derrière les platines ?

MS :
Je ne pense pas mais on peut aussi faire de la musique électronique sans être derrière des platines.
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Article publié sur La Plume Culturelle, le 1er mai 2009

Publié dans Articles Parus

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