Plein champ sur le monde rural

Publié le par C.R

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Le Festival Caméra des Champs se tiendra à Ville-sur-Yron du 14 au 17 mai 2009. La onzième édition pose comme à chaque fois un regard sur la ruralité par le biais de documentaires. Entre problématiques actuelles et portraits de travailleurs agricoles, gros plan sur un évènement unique en Lorraine.

 

  Le festival international du film documentaire sur la ruralité prend ses quartiers, depuis onze ans, au cœur de la commune de Meurthe-et-Moselle de Ville-sur-Yron. Abritant un écovillage depuis 1990 et située dans le Parc naturel régional de Lorraine, elle rentre d’emblée dans le cadre de la manifestation par le décor naturel dans lequel elle se présente au public. Cette localité recherchait un second souffle lorsque la fête du Trimazo, rassemblement d'artisans d’art et groupes folkloriques depuis plus de vingt ans, s'est arrêtée dans les années 90. L’idée de créer un festival est née en 1998, afin de rendre compte de l’évolution de la ruralité. Après un départ timide, les riverains se sont rapidement appropriés la manifestation. Avec près de 2600 personnes attendues cette année, Ville-sur-Yron devrait décupler le nombre de ses résidents.  « Unique en Lorraine, ce festival n'a qu'une dizaine de projets frères sur le reste du territoire », affirme Sandrine Close, coordinatrice de l’évènement.


La onzième édition présentera plusieurs longs et courts métrages, 19 en compétition officielle, 3 hors compétition. Le jury décerne 3 prix, complétés par un prix du public et des habitants, décerné par les spectateurs. Il existe également un prix des lycéens. La sélection 2009 aborde toutes les thématiques du monde agricole, de France ou d’ailleurs. En effet, les réalisations proviennent non seulement de l’Hexagone, mais également de Russie, Belgique, Québec, Luxembourg ou encore du Niger et d’Amérique Latine. Preuve de la dimension internationale du festival. Au coeur de plusieurs des documentaires programmées cette année, « Nourrir la planète » est un thème qui revient souvent. En se projetant dans l’avenir, il interroge sur la capacité à alimenter la population mondiale qui, en 2050, devrait atteindre les neuf milliards d'habitants. Le festival s'intéresse également aux mutations du secteur, historiques, géographiques ou économiques, et n'hésite pas à mettre en avant l'humain, par l'entremise d'attachants portraits. « Les thèmes sont choisis selon les films sélectionnés et non l’inverse », explique Sandrine Close. « L’année de la vache folle, beaucoup de réalisations avaient annoncé le phénomène avant l’heure. Cette nouvelle édition s'attache aux réalités du terrain, les préoccupations sociales, la précarité des agriculteurs retraités ou RMIstes », ajoute-t-elle.


D’autres projets viendront compléter le tableau, l’aspect pédagogique occupant une place importante dans « Caméra des Champs ». Une sensibilisation à l'image sera notamment proposée aux plus jeunes à travers la projection des longs métrages « Les ailes pourpres : le mystère des flamants » de Matthew Aeberhard et Leander Ward, et de « Mia et le Migou » de Jacques Rémy Girerd  : « Bien que cela puisse paraître utopique, le message est qu’un film documentaire peut être aussi intéressant à regarder que la télévision ou encore les jeux vidéos », insiste Sandrine Close. Mais cette volonté de montrer le développement du monde rural, de souligner ses craintes et ses préoccupations pour l'avenir, s'adresse bel à bien à tous les publics, de tous âges, et de tous milieux.

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Article publié sur La Plume Culturelle, le 12 mai 2009

Publié dans Articles Parus

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